Chronologie de la Guerre de 1870 Mois de Juillet

Cette chronologie reprend les principaux faits nationaux intégrés aux événements du Centre Val de Loire et plus particulièrement du Vendômois…

Mois de Juillet 1870
  • Samedi 2 juillet

Napoléon III apprend la candidature du Prince Léopold de Hohenzollern, cousin du roi de Prusse, Guillaume 1er , à la succession du trône d’Espagne. Il est hostile à cette prétention qui verrait la France enserrée entre l’unité allemande souhaitée par Bismarck et une Espagne germanisée. Il exige un renoncement de la part du roi de Prusse et demande à Benedetti, ambassadeur de France, de se rendre à Ems où Guillaume 1er prend les eaux, afin d’obtenir le retrait définitif de Léopold.

  • Dimanche 3 juillet

Le duc de Gramont, ministre des Affaires étrangères adresse une protestation à la Prusse et brandit la menace d’une guerre. En effet une vive émotion s’est emparée à Paris de l’opinion publique et de presque la totalité de la presse qui sont favorables à l’entrée en guerre.

  • Mercredi 6 juillet

Le Ministre de la guerre Le Boeuf déclare : « La lutte est inévitable, on peut saisir sans crainte cette occasion ».

  • Lundi 11 juillet

La veille, Guillaume 1er  a demandé au père de Léopold le renoncement de son fils, considérant qu’il s’agit d’une affaire de famille dans laquelle l’Etat prussien n’est pas concerné. Il l’obtient et l’annonce oralement à Benedetti en soirée. La France croit à une victoire diplomatique. Mais certains, dont la Cour sous l’impulsion de l’Impératrice Eugénie et le duc de Gramont, exigent la garantie écrite que Guillaume 1er empêcherait Léopold de monter sur le trône espagnol.

  • Mercredi 13 juillet

Le matin, Benedetti rencontre à nouveau le roi de Prusse et le presse de publier une annonce officielle dans ce sens. Guillaume 1er répond qu’il ne peut pas s’engager sur l’avenir. L’après-midi l’ambassadeur français sollicite une nouvelle audience auprès du roi, ce qui lui est refusé.

Par télégramme, Guillaume 1er  rend compte à Bismarck, son ministre-président, qu’il ne soutient plus la candidature de son cousin. Si cette décision mécontente le chancelier Bismarck, celui-ci  y trouve une occasion de provoquer l’Empereur des Français et décide de déformer la teneur de la dépêche sur un ton belliqueux et de la publier : « … Après que la nouvelle de la renonciation du prince Hohenzollern eut été communiquée officiellement par le gouvernement royal espagnol au gouvernement impérial français,, l’ambassadeur de France a encore demandé à Sa Majesté de l’autoriser à télégraphier à Paris que sa Majesté s’engageait à ne jamais permettre la reprise de candidature Hohenzollern. Le roi a refusé de voir l’ambassadeur et lui a fait dire par l’aide de camp de service qu’il n’avait plus rien à lui communiquer »

  • Jeudi 14 juillet

Le succès diplomatique se transforme en un incident considéré comme un affront par les autorités françaises. Le matin, Napoléon III réunit un Conseil qui décide le rappel des réservistes (décret du 14/07/1870) qui s’effectue dans le désordre. Il propose de réunir un congrès européen pour sortir de la crise. Dans la rue la foule crie « A bas Bismarck ! La guerre ! Au Rhin ! » Un deuxième Conseil se tient le soir en présence de l’Impératrice Eugénie qui pèse sur la décision d’entrer en guerre au lieu de négocier dans un congrès.

  • Vendredi 15 juillet

Le Corps législatif vote presque à l’unanimité les crédits de guerre. Il n’ y a que dix voix contre dont celles de Gambetta et Jules Ferry. Le ministre de la Guerre, le maréchal Le Bœuf déclare : « L’armée est prête jusqu’au dernier bouton de guêtre ». De son côté, Guillaume 1er décrète la mobilisation de l’armée prussienne.

  • Samedi 16 juillet

Suite au vote français des crédits de guerre, la Prusse et la Confédération des états allemands du Nord mobilisent. Ils peuvent réunir en deux semaines cinq cent mille hommes entraînés sans compter les trois cent mille réservistes alors que la France ne peut mobiliser que deux cent soixante-cinq mille hommes.
Le quatrième escadron du cinquième Régiment de Cuirassiers, commandé par le capitaine Laurens, quitte Montoire-sur-le-Loir pour rejoindre son régiment. Cette anticipation de mouvement de troupes est due au climat qui règne dans l’opinion publique française et au Corps législatif suite à la publication de la dépêche d’Ems par Bismarck le 13 juillet.

  • Dimanche 17 juillet

Le Corps législatif vote une loi rappelant à l’activité la garde nationale mobile ; mais cela ne concerne que les gardes nationaux habitant les régions militaires du Nord, de l’Est et de la Région parisienne. La garde nationale est divisée en trois corps, la garde nationale mobile (Moblot) qui peut être intégrée à l’armée d’active, la garde nationale sédentaire  propre à chaque ville ou village qu’elle doit défendre et la garde nationale mobilisée constituée d’hommes de plus de quarante ans mobilisés par le Préfet de chaque département. La garde nationale mobile avait été créée par la loi du 1er février 1868 afin de devenir l’auxiliaire de l’armée d’active et d’aider à la défense des places fortes, des côtes et des frontières de l’Empire ainsi que du maintien de l’ordre intérieur. Elle s’organise par département en bataillons puis en compagnies. Les compagnies sont composées de deux cent à deux cent cinquante hommes et les bataillons ont huit compagnies. Des problèmes de financement et d’instruction des soldats empêchent une mise en application rigoureuse et efficace de la garde nationale.
L’Italie fait savoir à la France qu’elle la soutiendra aux conditions qu’elle retire de Rome ses troupes d’occupation et qu’elle obtienne le soutien de l’Autriche.

  • Mardi 19 juillet

La France déclare la guerre à la Prusse et devient l’agresseur. Cela la met en mauvaise posture vis-à-vis des principales puissances européennes comme la Russie, l’Angleterre, l’Italie et l’Autriche qui observeront une certaine neutralité. La Prusse obtient le soutien de quatre états de la Confédération du Sud à savoir le Bade, la Bavière, la Hesse et le Wurtemberg. Il ne s’agit plus d’une guerre entre deux états, mais d’une guerre entre deux nations. Le général de division Bourbaki est nommé commandant en chef de la Garde impériale.

  • Mercredi 20 juillet

Le Maréchal Le Bœuf est nommé major général de l’Armée du Rhin. L’Italie décide de rester neutre ainsi que l’Autriche. A Lyon, l’Association Internationale des Travailleurs organise une manifestation place des Terreaux.

  • Vendredi 22 juillet

Un groupe de soldats Badois fait sauter le pont de Kehl avec des explosifs.

  • Samedi 23 juillet

Des soldats prussiens tentent de franchir la frontière à Schreckling ; ils tuent un douanier et en blessent un autre.

  • Dimanche 24 juillet

Sept frégates et un aviso appareillent de Cherbourg pour la mer Baltique pour faire débarquer trente mille hommes sur le territoire prussien. L’opération sera annulée, la flotte se contentant d’assurer un blocus des côtes allemandes.
Un groupe de six cavaliers Badois sous le commandement du capitaine von Zeppelin s’infiltre à travers la frontière  à Lauterbourg et détruit le télégraphe sur la ligne de chemin de fer de Wissembourg à Strasbourg. A Trimbach (Bas-Rhin), il se heurte à une patrouille française. Il s’agit de la première escarmouche.

  • Lundi 25 juillet

Une patrouille du 12ème Régiment de Chasseurs surprend le groupe de von Zeppelin pendant leur marche de retour. Un éclaireur Badois est tué, cinq sont faits prisonniers et von Zeppelin s’échappe. On déplore la mort d’un maréchal des logis français. Un accrochage a lieu en Lorraine à Bouzonville entre le 33ème Régiment d’Infanterie et une troupe de Prussiens.

  • Mercredi 27 juillet

Trois escadrons du 2ème Régiment de Hussards basés à Thionville (Moselle) effectuent une reconnaissance sur le territoire prussien et détruisent les installations télégraphiques du village de Perl.

  • Jeudi 28 juillet

Napoléon III  décide de prendre le commandement de l’Armée du Rhin et de confier la régence à l’Impératrice Eugénie. Ce jour malgré son état de santé, il part en chemin de fer, accompagné de son fils, le prince impérial Louis, pour gagner Metz où il constate la complète désorganisation de son Armée (deux cent soixante-cinq mille hommes cantonnés à Metz et Strasbourg). Il est accompagné du docteur Sée qui emporte une valise d’instruments chirurgicaux pour pallier toute intervention urgente. Une escarmouche entre des Uhlans prussiens et des fantassins français a lieu près de Sarreguemines (Moselle).

  • Vendredi 29 juillet

Une patrouille française est accrochée au nord-est de Bitche (Moselle) par des dragons allemands.

  • Samedi 30 juillet

Les Français ont confiance en leur Armée et un élan de solidarité se manifeste, comme à Vendôme et à Montoire où des souscriptions pour les soldats blessés sont organisées. Dans cette dernière ville ce sont MM. Chauvin (le maire) et Bourreau qui s’en occupent.

  • Dimanche 31 juillet

Accompagné par le général von Moltke, chef de l’état-major prussien, le roi Guillaume 1er part rejoindre ses trois Armées, environ trois cent quatre-vingt mille hommes, positionnées à l’ouest du Rhin, la première sous les ordres du général Steinmetz, la seconde commandée par le prince Frédéric Charles et la troisième dirigée par le prince royal Frédéric Guillaume.

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