Etat de services de Gabriel DUCHESNE

Gabriel Louis Zéphirin DUCHESNE est né le 16 juin 1894 à Vendôme, fils de Louis Paul et de FORTIN Joséphine Victorine Marie, domiciliés à Vendôme. Il mesurait 1 m 62 et avait des cheveux châtains, des yeux marrons, le nez rectiligne et le visage ovale avec une marque particulière : petite cicatrice à l’index gauche. Enregistré sous le numéro matricule 106 au recrutement de Blois. Il est classé « Bon absent pour le service armé » au Conseil de révision de Vendôme.  Il est condamné le 7 décembre 1912 par la Cour d’appel de Paris à six mois de prison pour complicité de vol par recel, condamné à nouveau le 24 novembre 1913 par la huitième Chambre à deux mois de prison pour complicité de vol et condamné une troisième fois par la Cour d’appel de Paris à  quatre mois de prison pour vol. Ces condamnations vont justifier sa mobilisation aux Bat’Daf (bataillons disciplinaires) en Tunisie.

Il est incorporé au 5ème Bataillon d’Infanterie Légère d’Afrique (B.I.L.A.) à compter du 1er septembre 1914 dans la Division d’occupation de la Tunisie. Cette unité reste stationnée en Afrique du Nord durant la Grande Guerre; mais elle contribue à fournir des soldats au 3ème Bataillon de Marche d’Infanterie Légère d’Afrique (B.M.I.L.A.) crée en 1914, qui sont appelés à combattre en Belgique et en Métropole. Il arrive à Gabès (Tunisie) le 25 septembre 1914.

Dans le sud tunisien, les « Bat’Daf » doivent faire face aux incursions de tribus libyennes implantées à Ouezzen et Nalout en territoire italien. Rome, ayant abandonné ses deux place-fortes, refuse aux français l’autorisation de franchir la frontière pour poursuivre ces rebelles qui mènent une sorte de guerre sainte. Elles ont été soulevées par les Turcs et les Allemands. Le séjour des soldats français en Tunisie compte pour une campagne comme contre l’Allemagne.

Gabriel DUCHESNE passe au 3ème B.M.I.L.A. à compter du 12 mai 1915. Les soldats de cette unité ont la réputation d’être des « nettoyeurs de tranchées »; ils sont surnommés les « chardonnerets » ou les « joyeux » . Gabriel fait partie d’un arrivage de 550 « joyeux »  qui se présentent en renfort le 29 mai à Eykhock (Belgique).

Du mois de mai 1915 sur les berges de l’Yser au cantonnement de Spiker (Belgique) en mars 1916, le 3ème B.M.I.L.A. alterne des périodes d’offensive, puis de repos. Il est toujours désigné pour partir le premier au casse-pipe, raison pour laquelle il a beaucoup de pertes en hommes. Le 11 mars 1916, il embarque en chemin de fer à Bergues (Nord) à destination d’Orrouy (Oise) près de Compiègne où il cantonne. A partir du 18 mars, il se rend en plusieurs étapes par voie terrestre jusqu’à Paars (Aisne) où il arrive le 25. Il exécute des travaux de défense jusqu’au 10 avril. Il prend ensuite la direction de Reims le 11 avril. A partir du 14, au sud de cette ville, il améliore les positions de défense. Il embarque en chemin de fer à Jonchery-sur-Vesle (Marne) le 21 avril à destination de Villers-en-Argonne (Marne). Le 24, il fait mouvement jusqu’à Foucaucourt-sur-Thabas (Meuse) où il reste jusqu’au 7 mai. Il bivouaque le 9 à Béthelainville (Meuse) près de la côte 304. Arrivant à Montzéville (Meuse) le 10 mai, il est guidé par des hommes du 77ème R.I. et du 135ème R.I. sur les positions qu’il doit occuper. Du 11 au 15 il repousse des attaques allemandes. Le 12, il s’empare du terrain en avant de la première ligne et s’établit à la lisière du Bois Camard. Du 14 au 17, il travaille à l’approfondissement des tranchées. Le 18 mai, il passe en réserve du sous-secteur et reçoit l’ordre de se rendre aux abris Favry où il absorbe les restes d’un bataillon prêt à céder à la pression allemande.

Le 19 mai, à 16 h 30, un tir d’artillerie française exécuté avec une hausse trop courte cause une trentaine de victimes au régiment qui déjà ne peut progresser en raison de la violence du bombardement ennemi. Gabriel DUCHESNE fait partie des blessés (épaule avec une fracture de l’omoplate). Il est brancardé vers l’arrière, puis acheminé vers l’hôpital temporaire n° 8 de Fontainebleau (Sine-et-Marne) dans lequel il décède le 5 juin 1916. Un extrait du registre des décès est adressé à la mairie de Vendôme. Mort pour la France, son nom figure sur le monument aux morts de Villavard (Loir-et-Cher).

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