Préserver le patrimoine archéologique, historique et culturel de Montoire et ses environs

Pour tous renseignements, contacter :
Françoise DUVAL au 02 54 77 19 15

Les Célébrités Montoiriennes

4. Le Docteur Robert GAMARD (1896-1965)

 

 

Né à Paris en 1896, Robert GAMARD poursuit ses études classiques à Tourcoing, dans le Nord de la France.

Voulant embrasser une carrière universitaire comme son père, qu’il avait perdu jeune, le premier conflit mondial l’écarte de cette région et l’oblige à se replier en Touraine.

Apercevant des blessés qui revenaient du front, il décide de devenir médecin.

Engagé comme brancardier, il reçoit la Croix de guerre, en récompense du courage qu’il manifeste dans ses différentes missions.

Evacué à la suite d’une grave opération, il entreprend des études médicales.

En 1924, son diplôme de ‘Docteur en médecine’ en poche, il installe son cabinet médical à Montoire.

 La maison du docteur GAMARD  à Montoire
                    (collection privée)                  

Le 6 novembre 1938, à l’occasion d’un baptême, toute la famille GAMARD est réunie chez des amis . Jean, le fils du docteur décède, alors qu’il joue avec des camarades. C’est un drame terrible pour Jacqueline, l’épouse  de Robert, et leurs deux filles Françoise et Anne.

La seconde guerre mondiale le rattrape et en 1939  il reprend l’uniforme pour rejoindre l’hôpital de Pithiviers, comme médecin chef.

Il ne reviendra à Montoire que pour assister à la naissance de sa troisième fille Isabelle, le jour de Noël. 

 

 

                                     

 

Le docteur GAMARD et sa fille Isabelle  en 1942

                          (collection privée)

 

 

 

Grâce à son esprit de décision, à ses qualités d’organisateur, il soigne, panse et sauve de nombreux blessés, tant civils que militaires.

C’est seulement le 3 août 1940 qu’il retrouve sa famille à Montoire : ” Quelle joie de retrouver les miens, dans le décor familier”, s’exclamera-t-il alors.

Les journées “historiques” du 22  octobre 1940 (entrevue Laval/Hitler) et du 24 octobre de la même année (poignée de main entre Pétain et Hitler), passeront presque inaperçues au regard des Montoiriens, sinon les désagréments infligés : téléphone et électricité coupés, bouclage de la ville…  Ce n’est que quelques jours plus tard, que l’on apprendra ce qui s’était réellement passé.

Durant cette période trouble et troublée, le docteur GAMARD sera un témoin privilégié et attentif. Dans deux gros cahiers, il notera, avec son stylo à plume à encre bleue, quasiment au jour le jour, d’avril 1938 au 15 août 1945, les faits et gestes de la population, ses interventions médicales, les allées et venues, les comportements de l’occupant allemand, alternant commentaires sur la situation de la France et les évènements internationaux.

Son intégrité le rendant très proche de la population montoirienne, il va jouer un rôle très actif, comme médecin, dans le sabotage des réquisitions de l’organisation Todt, des gardes nocturnes des voies et des installations ferroviaires, ainsi que du S.T.O (Service du Travail Obligatoire en Allemagne).

Aussi, tout naturellement, quand des éclaireurs de l’armée américaine venant du Mans, délivrent Montoire du joug nazi le 11 août 1944, les habitants, les membres de la Résistance et le Comité local de la Libération lui demandent d’occuper le poste de maire. Cette fonction sera officiellement confirmée le 20 août.                                                                                                                                                           ( collection privée)                                                                            Le 5 septembre, profitant de la venue d’un reporter-photographe, à Montoire, le docteur GAMARD organise une petite cérémonie devant la gare. Afin de laver l’affront fait à sa commune les 20 et 24 octobre 1940, et en présence des cheminots et de quelques soldats américains, monsieur le maire fait remettre à un sous-officier, une gerbe de fleurs par une jeune montoirienne (Geneviève Martineau). L’objectif immortalisera la scène.

                                            Lettre du Général de Gaulle adressée au Dc GAMARD                                                                                                         maire de Montoire le 17 octobre 1944

Ayant réussi à apaiser rapidement les passions locales, il établit un programme de travaux, qui se réalisent peu à peu. Il occupera le poste de maire jusqu’au 30 septembre 1947.

Dévoué, ne ménageant pas sa peine et son temps, il possède la confiance de tous et toutes. Il aime ses patients, qui le lui rendent bien. Le jour du marché, le mercredi, son cabinet ne désemplit pas, et il n’est pas rare de voir quelques paysans lui laisser  en témoignage de sympathie, divers produits de leur ferme.

Nonobstant sa santé fragile et plusieurs interventions chirurgicales, il continue son activité, et c’est d’ailleurs au chevet d’un de ses patients, atteint de la terrible grippe espagnole, en février 1965, qu’il perd connaissance et décède.

Il repose désormais au bord du Loir, dans le paisible cimetière de Montoire, avenue du Général de Gaulle.

Son rayonnement, son intelligence, sa personnalité, le firent accéder à d’éminentes fonctions : administrateur de la caisse de Sécurité Sociale de Loir et Cher, membre de la Commission Canivet, créée pour étudier les abus des médicaments.

Il reçoit la Légion d’Honneur, au congrès médical de Cluny, participe à divers colloques internationaux et se voit décerner, en 1964, le diplôme de ‘Docteur Honoris Causa‘ de l’ Institut de médecine agricole de Lublin (en Pologne), ce pays qu’il affectionnait particulièrement pour sa langue qu’il pratiquait, sa culture, ses musiciens et ses écrivains.

Elevé dans une famille protestante, homme de grande culture, il avait une passion pour la littérature, la poésie (il connaissait par cœur certains poèmes de Ronsard), l’histoire et l’archéologie.

Il était fier de son hôpital rural fondé en 1671 par le curé Moreau. Il aimait le charme de la Vallée du Loir et connaissait toutes les richesses artistiques et monumentales du Vendômois. Président du Syndicat d’initiative de Montoire de 1949 à 1961, il réalisa l’union de tous les S.I de la Vallée du Loir.

Membre de la Commission des sites, de la Société Archéologique du Vendômois, son amour pour son pays d’adoption s’exprima dans de nombreux articles, un guide touristique et deux ouvrages remarquables sur les fresques et les peintures murales de la chapelle Saint-Gilles et des églises de Lavardin et de Saint-Jacques-des-Guérets.

Le souvenir du docteur GAMARD reste dans le cœur de toutes les personnes qui l’ont connu et apprécié.

Souvenons-nous de son exemple, de sa générosité, et de sa probité.

En mars 1943, il réfléchissait déjà à deux ouvrages qu’il pourrait écrire, après une “expérience suffisante de la vie et de la médecine(…), peut-être dans une vingtaine d’années“. Le titre de son premier ouvrage “La paix et les vrais biens“, emprunté de la liturgie protestante, et du second “Essai sur la guérison“, résument parfaitement les idées de cet humaniste qui recherchait, dans un monde en folie, comment on pouvait conserver en soi la notion de la paix.

Les vrais biens étant la liberté intérieure, la réflexion, l’amour, la lecture, la musique et le sens du beau en général.

Gérard FERRAND

Facebook
Twitter
LinkedIn