L’ancien QG allemand : le tunnel du temps…

Saint-Rimay près de Montoire sur le Loir…

Des visites sont régulièrement organisées dans le W3, l’ancien quartier général allemand, construit pendant la Seconde Guerre mondiale.

C’est près de la sortie ouest du tunnel de Saint-Rimay que commence la promenade à travers les restes du W3 (pour « Wolfsschlucht », « Ravin du Loup » nom des QG de Hitler) ; chaque mois, elle réunit une quarantaine de curieux sous la conduite de Jean-Pierre Gort, le meilleur connaisseur de Montoire et de ses environs.

Le tunnel, d’une longueur de 509 mètres, inauguré en 1881, pouvait abriter le train du Führer en cas d’attaque aérienne. C’était l’un des facteurs du choix de Montoire pour accueillir les rencontres de Hitler avec Laval et Pétain, en octobre 1940. « Au départ, nous apprendra un ancien, la ligne contournait le coteau au lieu de le traverser. C’est à la suite des protestations des agriculteurs privés de points de franchissement que le tunnel a été percé. »

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Portes blindées et trente mètres de terre

Les Allemands se sont souvenus de l’existence de l’ouvrage lorsqu’ils ont décidé, en juillet 1942, de construire, autour de celui-ci, un complexe fortifié à usage de centre de communication et peut-être de commandement.« Un train bureau disposant de moyens de transmission y a séjourné de longs mois » rappellera d’ailleurs Jean-Pierre Gort. La protection immédiate est assurée par la hauteur au-dessus du tunnel (une trentaine de mètres) et deux portes blindées de 40 mm d’épaisseur posées à l’intérieur de chacune des entrées et toujours en place.

Après avoir traversé le village de Saint-Rimay près duquel se trouvait la station de pompage alimentant le W3 en eau, nous montons pour atteindre les réservoirs enterrés sur le plateau avant de redescendre vers la vallée du Loir. Au passage, nous remarquons une demi-douzaine d’abris creusés dans le flanc du coteau pour recevoir hommes et munitions.

Un dispositif plus vaste

Nous visitons ensuite le vaste central téléphonique en béton, enfoui sous la végétation, par où passaient les câbles reliant Berlin au Mur de l’Atlantique. L’intérieur, divisé entre de multiples pièces, ravagé par un incendie en août 1944, est tout à fait dégradé.

De retour vers l’entrée est du tunnel, nous devons imaginer les allées et venues incessantes des hommes travaillant, sous les ordres de l’organisation Todt, à la construction du W3 jusqu’à l’abandon inopiné des travaux en juin 1943. L’ensemble desservi par la voie ferrée, était protégé par de nombreux emplacements de tir. « Le dispositif s’étendait sur toutes les collines dominant la vallée, de Lunay et des Roches jusqu’à Saint-Rimay et Villavard, précise Jean-Pierre Gort ; deux passerelles joignaient les rives du Loir et les Allemands disposaient même d’un aérodrome à Villierfaux. »

Une salle de bain pour Hitler ?

Tous les baraquements préfabriqués à usage de logements, d’ateliers ou de bureaux ont été démontés en 1943 ; seuls restent les bâtiments réquisitionnés, affectés aux officiers et sous-officiers dans le hameau de Cherchenois et les constructions en béton dont les deux énormes blockhaus de protection qui encadrent l’entrée du tunnel. Ce sont deux monstres, également cachés maintenant par la végétation, à la carapace épaisse de 4 mètres, dont l’édification a demandé 9.000 m3 de matériaux. Seul le bunker n°2, à droite, est accessible ; malgré ses dimensions (30 x 15m), les quatre pièces vides, sont assez petites et dévastées. L’autre bunker, un peu plus grand, aurait pu accueillir le Fürher en personne, comme le laisse supposer les traces d’une salle de bain complète. « De plus, les salles étaient lambrissées en pin non traité, une exigence de Hitler », ajoute J-P Gort.

Après un regard au tunnel et à sa porte blindée, c’est le retour de l’autre côté par les hauteurs du coteau…

Téléphone : 06 72 46 13 39
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