Chronologie de la Guerre de 1870 Mois d’Octobre

Cette chronologie reprend les principaux faits nationaux intégrés aux événements du Centre Val de Loire et plus particulièrement du Vendômois…

Mois d’Octobre 1870

 

Samedi  1er octobre

Dans le secteur de Saint-Léger-en-Yvelines, des gardes nationaux aidés de quelques francs-tireurs montent une embuscade. Après l’échange de quelques tirs, les Prussiens s’enfuient. Dans cette région de forêts, les paysans harcèlent les détachements ennemis qui cherchent du fourrage.

Suite à sa dépêche du 29 septembre attribuant des nouvelles dates pour les élections, la délégation de Tours publie un décret convoquant les électeurs. Le 2ème bataillon des Mobiles d’Indre-et-Loire occupe une ligne qui va d’Amboise aux Hermites pour protéger Tours.

Le général de Polhès dispose à Orléans de quinze bataillons d’infanterie et six régiments de cavalerie. Les francs-tireurs de la Seine effectuent une reconnaissance sur Voves (Eure-et-Loir) et Angerville (Essonne). L’ennemi prussien est annoncé sur une ligne Toury- Chartres. Pour s’y opposer, le général d’Aurelles de Paladines tente d’organiser le 16ème Corps d’Armée avec une première Division commandée par le général Pourcet à Blois et une deuxième à Tours sous les ordres du général Barry. L’administration militaire est dépassée par l’enjeu. Ordres et contre-ordres, marches et contre-marches bousculent les troupiers. Des rivalités naissent entre les unités. Les francs-tireurs se moquent des moblots mal équipés.

La ville de Vendôme et ses environs sont envahis par des mouvements de troupe de toutes armes ce qui inquiète les habitants. Les Mobiles du Gers, bien accueillis, par la population, quittent à regret l’agglomération pour se rendre à Cloyes. L’infanterie et la cavalerie stationnées au quartier partent pour Marchenoir. La ville s’est vidée de tous ces militaires et un sentiment d’abandon se propage dans les veillées.

Dimanche 2 octobre

Avec la prise de Strasbourg, les Prussiens mettent la main sur deux millions de numéraire appartenant à la Banque de France. Une tentative de sortie a lieu au siège de Bitche sans résultat. En représailles de l’embuscade d’hier à Saint-Léger-en-Yvelines, les Bavarois cernent Poigny-la-Forêt (Yvelines), fusillent trois gardes et emmènent seize otages. Le général de Polhès, ayant reçu des renforts, reprend l’offensive au nord d’Orléans. La brigade de Longuerue se porte sur Chevilly (Loiret) et celle de Michel sur Meung-sur-Loire (Loiret). Le général Morandy est chargé de la défense de la forêt d’Orléans.

De nouvelles unités viennent cantonner à Vendôme, dont deux régiments de cavalerie mixtes composés de chasseurs et de hussards sous les ordres du général Tripart en provenance de Tours via Amboise et Château-Renault. Un troisième régiment se loge dans les communes environnantes. Ils doivent repartir sur Chartres. Ces arrivées causent à nouveau de l’animation en ville et près de huit mille militaires y séjournent. Mr. Lambron de Montoire constate auprès de Mr. Launay que toutes les villes ont les mêmes préoccupations concernant leur défense. Faut-il se défendre ou bien se présenter à l’ennemi comme une ville ouverte ?

Les Vendômois apprennent avec stupéfaction la chute de Toul et de Strasbourg. Le gouvernement publie un décret qui autorise l’établissement de cours martiales pour réprimer l’indiscipline et qui permet l’exécution immédiate d’un soldat. Cette mesure est proclamée devant les troupes stationnées à Vendôme.

Lundi 3 octobre

Le Grand-Duc de Bade demande l’admission de son pays dans la Confédération de l’Allemagne du Nord. Rendue libre par la capitulation de Strasbourg, la 13ème Armée allemande de von Werder occupe Mulhouse et reçoit l’ordre de progresser en direction du sud de l’Alsace et des Vosges.

 

Gambetta s’élève contre la mesure prise par la délégation de Tours au sujet des élections. Il déclare qu’il faut « empêcher les élections à tout prix et pour cela envoyer un homme énergique à Tours ». Il est désigné pour « maintenir l’unité d’action » et il est décidé que, dans les délibérations, il aurait une voix prépondérante au sein de la délégation gouvernementale de Tours.

Des dissentiments éclatent dans la délégation . L’amiral Fourichon donne sa démission de délégué à la guerre, mais conserve sa fonction de ministre de la Marine. Par décret Crémieux devient délégué à la guerre par intérim et choisit Freycinet comme adjoint.

Cinq francs-tireurs de Vendôme, Messieurs Pesson, Jourdain, Delaunay, Fouquet et Aubry partent rejoindre à Châteaudun les francs-tireurs de la Seine, qui dans la nuit ont repris un avant-poste prussien à Saint-Péravy-la-Colombe (Loiret). Le comité vendômois pour l’élection de la Constituante n’arrive pas à s’entendre pour la composition d’un comité au niveau de l’arrondissement. Des cortèges de civils continuent de traverser la ville. Ces pauvres gens se lamentent que leurs fermes ont été incendiées en Beauce par les Prussiens.

Mardi 4 octobre

Un détachement allemand sous les ordres du colonel von Alvensleben se porte sur Epernon. Le préfet d’Eure-et-Loir envoie à leur rencontre deux bataillons de la garde mobile  renforcés par des gardes nationaux de Droué (Loir-et-Cher) et de quelques francs-tireurs. Après un combat de plusieurs heures au bois Hillarion, les Français sont écrasés par l’artillerie ennemie, abandonnent le terrain et se replient sur Chartres. On relève parmi les Français une trentaine de blessés et quinze tués dont le commandant Lecomte chef d’un des deux bataillons. Le soir, les Allemands entrent dans Epernon. Les francs-tireurs de la Seine délivrent Voves. Le général de la Motte-Rouge rencontre ses nouveaux officiers et la délégation de Tours lui ordonne de transférer son quartier général sur Orléans.

Le 75ème Mobile du Loir-et-Cher fait mouvement depuis Blois sur Oucques. Il est escorté par les pompiers jusqu’à Villebarou où une pièce de vin blanc les attendait. Fraternité des bidons oblige, une deuxième, puis une troisième pièce est ouverte… Le départ pour Oucques se fait avec difficultés et dans le désordre. De nombreux Vendômois protestent auprès du sous-préfet Mr. de Marçay contre l’affichage de fausses nouvelles par ses soins. Les pensionnaires rentrent ce soir au lycée. Une rumeur accuse d’espionnage Mr. de La Rochefoucault, duc de Doudeauville.

Mercredi 5 octobre

Bismarck installe son quartier général à Versailles. Les villes de Vernon, Pacy-sur-Eure et Gisors (Eure) sont occupées par les Allemands. Les canons du Mont Valérien bombardent le secteur entre Saint-Cloud et Bougival (Yvelines) obligeant les Prussiens à partir de cette dernière ville. Le général de Polhès, avec un détachement du 15ème Corps et appuyé par la cavalerie du général Reyau, se heurte à nouveau à Toury à la IV° division de cavalerie prussienne du Prince Albrecht et la refoule jusqu’à Etampes. Il récupère cent quarante-sept vaches et cinquante deux moutons qui venaient d’être réquisitionnés. Tous les Prussiens sont chassés du Loiret.

Auguste Blanqui soupçonne le gouvernement de vouloir négocier avec l’ennemi. Il réunit dix bataillons de la garde nationale et marche vers l’Hôtel de Ville de Paris pour manifester contre la paix. Une grande inquiétude règne sur la ville de Vendôme.

Jeudi 6 octobre

Cinq mille hommes, commandés par le général Dupré rencontrent l’avant-garde de l’armée de von Werder dans les Vosges autour d’Etival, Saint-Rémy et La Bourgonce. Les Français se battent courageusement ; mais devant la supériorité de l’artillerie prussienne, ils sont obligés de battre en retraite vers Rambervillers et Epinal (Vosges). L’Armée française de l’Est subit des pertes importantes : trois cent tués, cinq cent blessés et cinq cent quatre-vingt-huit prisonniers. Les assiégés de Metz tentent un coup de main entre Châtel-Saint-Germain et Lessy (Moselle) pour percer les lignes prussiennes. Ils n’arrivent qu’à repousser leur contre-attaque tout en leur faisant subir de lourdes pertes.

Molkte décide d’étoffer sa couverture au sud de Paris  en direction d’Orléans en affectant une « fraction d’armée » à Arpajon et Etampes sous les ordres du Grand-Duc de Mecklembourg pour contrôler le sud-ouest de la région parisienne, la Beauce et la région d’Orléans. Cette unité est principalement composée de la Division prussienne du général Wittich qui se dirige vers Maintenon et Chartres et le I° Corps bavarois du général von der Thann qui marche vers Orléans.

La Motte Rouge regroupe les 2ème et 3ème Divisions du 15ème Corps à Orléans tandis que la 1ère Division gagne Gien (Loiret) dans le but par la suite de se porter sur Montargis et Fontainebleau. Il dispose également le 12ème Mobile de la Nièvre et celui du Cher sur Cercottes et  Saran (Loiret), le 3ème bataillon de Mobile de la Charente sur Bellegarde et Lorris (Loiret),  le 2ème bataillon Mobile du Lot à Loury et le 1er bataillon Mobile du Loiret à Châteauneuf-sur-Loire. Tous ces mouvements sont retardés par des problèmes d’acheminement par voie ferrée.

Un décret du gouvernement met à la disposition du Ministre de la Guerre tous les corps francs qui sont soumis au même règlement que la garde Mobile.

Vendredi 7 octobre

Au siège de Paris le général Vinoy fait occuper Cachan (Val de Marne). Après un engagement d’artillerie, les Prussiens reculent sur Champigny-sur-Marne. Des combats se déroulent aux avant-postes de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) et Bezons.

Au blocus de Metz, près de Ladonchamps, l’armée de Bazaine tente de traverser les lignes ; elle est repoussée. Soixante et un officiers et mille deux cent huit soldats sont hors de combat du côté français et soixante-quinze officiers et mille sept cent trois hommes de troupes chez  les Prussiens.

Le général de La Motte-Rouge installe à Orléans le quartier général du 15ème Corps d’Armée. Au matin, l’unité de cavalerie du général Reyau se porte sur Pithiviers et lance des reconnaissances sur Malesherbes et Sermaises (Loiret) pour connaître les positions de l’ennemi. Le 12ème Mobile de la Nièvre se met en place à Artenay et Chevilly. Au soir, alors qu’il est en mission de reconnaissance à Denonville (Eure-et-Loir), le commandant de Lipowski apprend que des Bavarois ont investi le village d’Ablis (Yvelines). Il décide de les attaquer au petit matin.

Le décret ajournant les dates des élections est publié, car « des élections faites sous le canon seraient un danger pour la République ». Depuis la butte Montmartre, Gambetta s’envole à bord du ballon « Armand Barbés » avec son ami Eugène Spuller. Il atterrit à Epineuse dans l’Oise et gagne ensuite Montdidier (Somme) d’où il envoie une dépêche annonçant son atterrissage. Le soir il est à Amiens (Somme).

Garibaldi débarque à Marseille pour offrir ses services à la France et déclare : « Je viens donner à la France ce qui reste de moi ». Il est reçu par le préfet Esquiros. Les zouaves pontificaux arrivent à Tours en provenance de Rome.

Les habitants de Vendôme et des environs commencent à cacher leurs biens les plus précieux dans les caves et les carrières. ; au loin, ils entendent le bruit du canon. Mr. Blaise des Vosges, propriétaires de Toc-en-Tuf, conseiller municipal de Ternay (Loir-et-Cher) annonce sa candidature à l’élection de la Constituante.

Samedi 8 octobre

A Paris, un détachement de francs-tireurs de la Seine et six cents gardes mobiles de la Seine, d’Ille-et-Vilaine et de l’Aisne sous le commandement du général Martenot effectuent une reconnaissance par Nanterre et Rueil et pénètrent dans le parc de La Malmaison. Quatre compagnies de moblots y entrent également par le sud-ouest. A Saint-Quentin (Aisne), sous l’impulsion du préfet Anatole de La Forge, la ville repousse les Allemands.

Le village d’Ablis, protégé par des barricades, est encerclé par les francs-tireurs de la Seine du commandant de Lipowski. Une lutte assez vive s’engage et au bout d’une heure, ils s’emparent des cantonnements allemands.  Ils font soixante-huit prisonniers et saisissent un butin considérable dont de nombreux chevaux. Il y a beaucoup de tués prussiens dont cinq officiers. En début d’après-midi et en représailles, les Allemands incendient Ablis, détruisent soixante-huit maisons, quatre-vingt seize habitants sont portés disparus, sept sont fusillés et vingt et un pris en otages.

Le général von der Thann reçoit l’ordre de dégager les troupes françaises positionnées entre Paris et Orléans.  Une escarmouche se produit à Marolles-en-Beauce (Essonne) entre des francs-tireurs et un détachement de la II° Division de cavalerie prussienne. La Motte-Rouge ordonne un mouvement de repli à la Division de cavalerie de Reyau. Seule une compagnie des mobiles du Gers reste à Angerville (Essonne). A Metz, Bazaine tente des sorties à partir de trois côtés du siège. Les combats durent sept heures avant d’échouer et s’avèrent très meurtriers.

A cinq heures du matin depuis Amiens, Gambetta fait connaître à la délégation de Tours le décret annulant et ajournant les élections. Puis il gagne Rouen par chemin de fer où il déclare à la garde nationale qu’il a « contracté un pacte avec la victoire ou avec la mort ».

Une réunion est organisée à Tours comprenant les généraux de Polhès, Borel, de La Motte-Rouge, Fiéreck, Aurelles de Paladines et l’amiral Fourichon. Ils conviennent que dans les conditions actuelles une marche sur Paris est impossible.

Les deux premières divisions du 17ème Corps parviennent à Vendôme. Le quartier général s’y établit pendant la durée de sa formation. Les troupes supportent la pluie et le froid dans des marches et contre-marches. Quant à leurs équipements, ils laissent à désirer.

Dimanche 9 octobre

Gambetta arrive à Tours à midi, via Le Mans. Il vient de surprendre l’opinion générale et peu de gens croient en son action, y compris dans le camp des Républicains. George Sand écrit depuis Nohant : « Cette fuite en ballon à travers l’ennemi est héroïque et neuve…des personnes qui connaissent Gambetta nous disent qu’il va tout sauver : que Dieu l’entende ». Il présente à la délégation les pouvoirs qui lui ont été conférés : « …Il délibérera avec ses collègues et, en cas de partage, aura voix prépondérante… Comme Ministre de l’Intérieur, il est revêtu de pleins pouvoirs pour le recrutement, la réunion et l’armement de toutes les forces nationales ». Il préconise de réunir sous la même coupe les deux ministères, ceux de la Guerre et de l’Intérieur. Au cours d’un vote l’amiral Fourichon, toujours ministre de la Marine, joint sa voix à celle prépondérante de Gambetta face à Crémieux et Glais-Bizouin. Gambetta se charge du ministère de la Guerre et contrairement aux conclusions des généraux, il impose son objectif à l’Armée de la Loire qui doit marcher sur Paris pour être délivrée. Garibaldi arrive à Tours.

Une reconnaissance des assiégés parisiens en avant du fort de Noisy-le-Grand chasse l’ennemi de Bondy, mais se retire à la nuit. A Rambervillers, deux cent moblots résistent face à deux milles Badois. A Metz, la ration de pain quotidienne est réduite à trois cents grammes. A Dreux quatre mille mobiles résistent à l’ennemi.

Dans la matinée, la compagnie du Gers tient tête à Angerville et Guigneville (Loiret) à toute une colonne de Bavarois, la ralentissant et permettant aux autres troupes françaises de se replier sur Toury et Artenay. Le soir, le I° Corps bavarois cantonne dans le triangle Baudreville (Eure-et-Loir), Ourville, Allainville (Loiret). La IV° Division prussienne a atteint Neuvy-en-Beauce  (Eure-et-Loir) et sa cavalerie est à Angerville. Face à l’avancée des Bavarois de von der Thann, le général de La Motte-Rouge donne l’ordre d’évacuer Pithiviers et décide de rejoindre Artenay. Il fait replier la cavalerie de Beyau sur Artenay et Chevilly et les mobiles de la Nièvre du Cher sur Cercottes et Chevilly.

Les Vendômois apprennent que toutes les élections sont ajournées.

Lundi 10 octobre

Le général Beyau envoie d’une part la brigade Longuerue sur Artenay avec des tirailleurs algériens et d’autre par la brigade Michel et le 29ème Régiment de marche sur Creusy (Loiret). L’affrontement a lieu autour d’Artenay de 9 h 30 à 14 h 30. La supériorité des Bavarois, quatorze mille hommes et soixante-six canons contre huit mille français et seize canons, l’emporte : neuf cents Français hors de combat pour deux cents Bavarois. La Motte-Rouge donne l’ordre le soir de se replier sur Orléans et sa forêt et d’y résister. Un millier de soldats français sont faits prisonniers.

A Metz, un parlementaire prussien vient s’entretenir avec Bazaine. Il repart accompagné du colonel Boyer qui est chargé d’une mission de négociation auprès de Guillaume 1er et de Bismarck à Versailles.

L’amiral Fourichon télégraphie à Paris pour aviser que le portefeuille de la Guerre revient à Gambetta. Ce dernier envoie aux préfets une circulaire annonçant que par décret de la délégation « rendu sur l’initiative de Mr. Crémieux et vu les instructions du gouvernement de Paris » le Ministre de l’Intérieur s’occupe de l’administration de la Guerre. Le décret mentionné n’est jamais paru. Freycinet remplace le général Lefort comme délégué à la Guerre.

La 3ème Division du 17ème Corps débarque à Vendôme en défilant dans les rues. Les quatre-vingt-huit chevaux capturés aux Prussiens à Ablis sont mis en vente. Les soixante-sept prisonniers sont conduits à Tours par le commandant de La Cécilia.

Mardi 11 octobre

Dans les Vosges à Bruyères, un corps franc fait face à une colonne badoise qui investit la ville. A Orléans, cinq mille soldats résistent. Le bataillon de la Légion Etrangère du commandant Arago défend la route de Paris face à la XII° Division d’infanterie prussienne. Le I° Corps bavarois occupe Saran et Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret) et bombarde Orléans depuis les hauteurs d’Ingré. Les moblots du Cher et de la Nièvre inexpérimentés cèdent du terrain  dans les faubourgs. Orléans est prise au soir. On compte sept cents tués français et mille huit cents prisonniers. La Motte Rouge regroupe ses troupes au sud à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret) tandis que les Allemands brûlent une trentaine de maisons, pénètrent en ville vers 19 heures et lancent des éclaireurs sur Meung-sur-Loire (Loiret). Orléans doit payer une contribution de deux millions de francs et subvenir aux besoins des troupes d’occupation.

Gambetta prend les affaires en mains. Pas un jour sans décret qui soit publié. Il ordonne la possibilité d’avancements extraordinaires à titre temporaire et auxiliaire dans l’armée pour rétablir la discipline et pallier le manque des Corps d’Armée en cours de réorganisation. Il implique aussi l’administration civile en demandant aux sous-préfets et aux maires de signaler les mouvements des troupes ennemies, ceux qui y dérogeraient seraient traduits devant une cour martiale. Il fusionne les gardes nationales mobiles et les corps francs en une armée auxiliaire. Celle-ci et l’armée d’active régulière seront « assimilé(e)s l’une à l’autre pendant la durée de la guerre ». Le gouvernement publie un décret sur les mobilisés. Chaque maire doit procéder à la division des gardes nationaux en compagnies de cent à deux cent cinquante hommes ; un bataillon est crée par canton. Les gardes mobilisés sont mis à la disposition du Ministres de la Guerre.

Le commandant de Lipowski, chef des francs-tireurs de la Seine, est nommé lieutenant-colonel. Le 4ème bataillon des mobiles de Maine-et-Loire quitte Angers à destination de Blois et Mer ; il est chargé de protéger le 16ème Corps qui est en formation.

A Vendôme le thermomètre affiche O. Le 33ème régiment des mobiles de la Sarthe, soit environ trois mille six cents hommes, parvient en ville et loge chez l’habitant.

Mercredi 12 octobre

La ville d’Epinal est occupée après une courageuse résistance de sa garde nationale sédentaire. Le 4ème bataillon des mobiles de la Somme surprend un détachement ennemi à Breteuil (Oise), mais peu aguerris les jeunes picards se replient sur Amiens. On apprend que le maire de Dreux est prisonnier. Un Corps d’Armée prussien marche sur Châteaudun. Le village de Tournoisis est investi par l’ennemi. Le général La Motte-Rouge est destituée de son commandement du 15ème Corps. Le général Aurelle de Paladines est nommé à sa place et prend la direction de la Première Armée de la Loire constitué par le 15ème Corps situé à l’est d’une ligne Gien-Blois et du 16ème Corps en cours de formation à l’ouest de cette ligne destiné à protéger Tours soit environ cent dix mille soldats pour les deux Corps. Aurelle de Paladines refuse le commandement supérieur régional, préférant s’attacher à la préparation des deux Corps d’Armée.

La garde civique de Marseille est dissoute par décret de Gambetta . Thiers arrive à Florence (Italie) et demande une audience au roi Victor Emmanuel II.

Le sous-préfet de Châteaudun, Mr. Maillocheau, fait connaître qu’une troupe ennemie marche sur sa ville. Le lieutenant-colonel de Lipowski , autorité militaire du secteur, demande à la municipalité si elle souhaite ou non que la ville soit défendue. Il est décidé qu’elle ne sera pas défendue pour éviter le pillage et les incendies. Le lieutenant-colonel ordonne aux troupes de se retirer. Les francs-tireurs de Lipowski gagnent Courtalain (Eure-et-Loir). Deux escadrons de hussards et deux compagnies de moblots se rendent à la Bazoche-Gouët (Eure-et-Loir). La gendarmerie quitte la ville. La garde nationale sédentaire est en partie désarmée.

Les 1ère , 2ème et 5ème compagnies  du 2ème bataillon des Mobiles d’Indre-et-Loire, sous les ordres du commandant de Coolz, sont envoyées à Mer (Loir-et-Cher).

Des civils fuient l’ennemi et traversent Vendôme avec un troupeau de bœufs en provenance de La Fontenelle. La nouvelle se répand que les Prussiens s’approchent de Châteaudun. Les moblots de la Sarthe embarquent à la gare pour Cloyes sauf le 1er bataillon qui prend la route de Oucques et de Marchenoir. La panique commence à régner en ville.

Jeudi 13 octobre

En banlieue parisienne, une « grande reconnaissance offensive » est lancée sur Bagneux et Châtillon pour réoccuper le plateau de Clamart. Quelques maisons sont reprises à Châtillon.

La Première Armée de la Loire est officiellement créée ; outre les 15ème et 16ème Corps, elle comprend les 17ème, 18ème et 20ème Corps tous les trois en formation. Le 16ème est en ligne entre Blois et Vendôme et la brigade du général Tripart se trouve aux alentours de Blois. Trois compagnies des mobiles d’Indre-et-Loire arrivent à Mer pour « protéger l’organisation du 16ème Corps et couvrir les divers mouvements de concentration qui allaient s’opérer sur la rive droite ».

Un soulèvement patriotique se produit à Châteaudun. De nombreux habitants protestent contre le départ des soldats. La municipalité revient sur sa décision de ne pas se défendre et envoie un de ses adjoints rechercher le lieutenant-colonel de Lipowski au château de Courtalain. Le soir même, ce dernier est de retour avec ses francs-tireurs. Il rappelle les deux escadrons de hussards et les deux compagnies des mobiles du Gers.

Thiers est reçu par le roi d’Italie qui refuse de s’engager en faveur de la France.

Vendôme apprend la prise d’Orléans ainsi que l’incendie de sa gare. Les fils télégraphiques sont coupés et les trains ne vont plus au-delà de la ville. Le sous-préfet désarme la garde nationale sédentaire pour éviter le pillage.

Vendredi 14 octobre

Les hussards et les moblots sont de retour à Châteaudun. La ville se déclare en état de siège. Les relations avec les défenseurs et la municipalité sont tendues. La population élève vingt-huit barricades et des ouvrages de défense. Dans la nuit, Mr. de Marçay, sous-préfet de Vendôme, apporte des renseignements sur la position de l’ennemi au lieutenant-colonel. Deux brigades prussiennes occupent Beaugency, Jargeau et Sully-sur Loire (Loiret). Aurelle de Paladines décide de quitter la Ferté-Saint-Aubin pour s’implanter à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher).

Messieurs de Kératy et Ranc quittent Paris en ballon. Ce dernier est chargé de faire connaître à la délégation de Tours le plan de sortie par la Basse-Seine élaboré par le général Ducrot et validé par le général Trochu. Le plan consiste en une percée sur Pontoise pour gagner ensuite Rouen et Le Havre où les Armées du Nord et de la Loire viendraient s’y joindre. L’inconvénient du plan était le transfert en train de l’Armée de la Loire jusqu’en Normandie.

Garibaldi est nommé général de toutes les troupes irrégulières. Il arrive à Dole (Jura) et prend la tête de l’Armée des Vosges forte de quatre mille  hommes environ et composée de moblots de Savoie et des Alpes-Maritimes, des corps francs de l’Est et du Sud-Est, de volontaires étrangers venus de Pologne, Hongrie, Espagne, Etats-Unis et surtout d’Italiens. Il décide d’établir son quartier général à Autun (Saône-et-Loire). Une escarmouche se produit à Ecouis (Eure).

La population de Vendôme s’inquiète du départ de toutes les troupes. Elle n’est plus protégée que par des troupes irrégulières et par sa garde nationale sédentaire.

Samedi 15 octobre

Au siège de Paris, des accrochages se déroulent aux avant-postes du Raincy. Une reconnaissance allemande sur Labaroche (Haut-Rhin) se termine par une escarmouche face à des paysans. Des combats face à six cents Prussiens éclatent autour des villages de Varize et Civry (Eure-et-Loire) à quelques kilomètres de Châteaudun. Les deux villages sont pillés et incendiés. A Varize, deux maisons sur soixante quinze restent intactes. La municipalité de Châteaudun expédie une dépêche à Tours réclamant une troupe disciplinée et un commandant supérieur. Les troupes qui stationnaient à la Ferté-Saint-Aubin font route sur Lamotte-Beuvron. Le général Pourcet arrive à Tours en provenance d’Alger. De retour d’Hastings en Angleterre où il a appris qu’aucune paix n’est envisagée, le général Bourbaki offre ses services à Gambetta.

A Vendôme, Mr. Lasnier, procureur impérial est destitué et remplacé par Mr. Brizard. Une compagnie des francs-tireurs de Nantes prend le train à destination de Cloyes.

Dimanche 16 octobre

Après quatre jours de siège, Soissons capitule malgré la brillante démonstration de son artillerie. Sur l’ordre de l’état-major allemand de Versailles, la XXII° division d’infanterie prussienne se met en marche pour Saint-Péravy-la-Colombe (Loiret) pour se joindre à la IV° division de cavalerie du Prince Albrecht de Prusse qui se trouve à Saint-Cloud-en-Dunois et Ozoir-le-Breil (Eure-et-Loir) afin d’atteindre ensemble Châteaudun. La 1ère brigade de cavalerie du général Tripart quitte Blois pour Mer sous un brouillard intense. Le général Pourcet arrive à Blois pour préparer le 16ème Corps d’Armée.

Gambetta envoie une dépêche aux généraux Aurelle de Paladines et Borel leur demandant d’établir un camp à Salbris (Loir-et-Cher) afin de couvrir Vierzon et Bourges. Un épais brouillard recouvre la ville de Vendôme où deux soldats fuyards sont arrêtés en provenance d’Orléans. Le commandant de la garde nationale sédentaire de Blois, Mr. Buffereau démissionne.

Les Français commencent à s’inquiéter et sont sur le qui-vive. Des fausses nouvelles circulent ; les étrangers qui voyagent sont souvent pris pour des espions. A Montoire, la garde nationale sédentaire surveille la ville et arrête un suspect russe qu’elle soupçonne d’être un espion prussien. Ce dernier plaide de sa bonne foi et dit travailler pour « un entrepreneur de transports militaires » à Tours. Il demande à y être conduit. Le lendemain, il est libéré par le parquet de Tours. Le président de la chambre des notaires à Vendôme demande au maire et au sous-préfet que le dépôt des minutes notariales soit entreposé à l’hospice afin de les protéger.

Lundi 17 octobre

Le colonel Boyer est de retour à Metz. Sa mission de négociation a échoué, mais il est chargé d’une nouvelle mission auprès de l’Impératrice Eugénie en Angleterre. Sur la Loire, la position des troupes allemandes est la suivante :  l’armée bavaroise du général von der Thann occupe Orléans ; les confédérés allemands opèrent en Beauce au nord-est d’une ligne Beaugency-Châteaudun pour d’une part protéger l’armée assiégeant Paris, d’autre part pour se ravitailler en rançonnant les villages, en pillant les habitations, en prenant des otages et en fusillant des civils. La XXII° Division d’infanterie prussienne du général von Wittich lève le camp à Saint-Péravy-la-Colombe pour se rendre à Châteaudun, alors que la cavalerie du Prince Albrecht s’y trouve à proximité.

La Première Armée de la Loire est dans la position suivante : la 1ère Division d’infanterie du général Martin des Pallières cantonne à Argent-sur-Sauldre (Cher), la deuxième du général Martineau des Chenez bivouaque à Pierrefitte-sur-Sauldre (Loir-et-Cher), la brigade de cavalerie du général Michel se trouve à Sainte-Montaine (Cher), la 3ème Division d’infanterie du général Peytavin avec la Division de cavalerie de Reyau et l’artillerie sont à Salbris. Le général Pourcet est nommé commandant du 16ème Corps qui est en ligne entre Blois et Vendôme. Le 3ème bataillon de marche de chasseurs à pied part de Blois pour Mer et Saint-Laurent-des-Eaux. Le Brigade de cavalerie du général Tripart remonte de Mer sur Vendôme. Les Mobiles de la Sarthe quittent Cloyes pour aller à Blois via Vendôme et Oucques.

De Lipowski reçoit l’ordre de quitter Châteaudun avec ses troupes et de se replier sur Blois. Le soir même, le commandant Bouvieux s’en va avec ses hussards sur Vendôme. Le 75ème mobile du Loir-et-Cher reçoit l’ordre à neuf heures du soir de quitter Oucques pour Binas et ainsi se rapprocher des lignes ennemies.

De nombreuses fausses nouvelles circulent à Vendôme. Le moindre étranger qui arrive en ville est suspecté tout de suite d’être un espion.

Mardi 18 octobre

Le matin, les deux compagnies de Mobiles du Gers quittent Châteaudun pour rejoindre Cloyes, puis Vendôme. Alors que les francs-tireurs de Lipowski sont sur le point de quitter la ville, ils sont attaqués un peu avant midi par la XXII° division d’infanterie prussienne et la IV° division de cavalerie allemande. Malgré un certain désordre, les défenseurs occupent rapidement les positions d’avant-poste et les barricades en peu de temps. Les forces à disposition de Lipowski sont les suivants : six cent francs-tireurs de la Seine, quatre cent gardes nationaux sédentaires, cent-dix francs-tireurs de Nantes, quarante-cinq francs-tireurs de Cannes, trente tirailleurs de Vendôme,  vingt francs-tireurs du Loir-et-Cher, soit mille deux cent cinquante-cinq soldats qui font face à  douze mille allemands et vingt-sept canons., sans compter quatre mille hommes en réserve.

Vers deux heures, l’ennemi atteint les premiers ouvrages de défense à l’extérieur de la ville. Une pluie d’obus ne cesse pas de détruire et d’incendier les maisons et la place de l’hôtel de ville. Les habitante se sont réfugiés dans les caves. Les Prussiens ne viennent à bout de la résistance qu’au moyen de leur artillerie. Après neuf heures de combats , les défenseurs succombent sous le nombre et les rues sont défendues pied à pied. De Lipowski fait partir les habitant désirant s’enfuir, puis il donne l’ordre de la retraite. Les derniers défenseurs quittent la ville vers trois heures du matin et se retirent vers Brou et Nogent-le-Rotrou. Parmi les défenseurs on dénombre trente tués, dont le commandant de la garde nationale Mr. Testannières, quarante blessés et quatre-vingt-seize otages. Trente officiers prussiens et deux mille cinq cent soldats sont hors de combat. En pénétrant dans le ville, les allemands pillent les maisons et violent des femmes ; douze habitants sont asphyxiés et deux cent trente-cinq maisons incendiées. Une contribution de deux cent mille francs est exigée.

Presque la totalité de la population a pu s’échapper, principalement la nuit par la seule route de Brou. « On vit des femmes du peuple à peine vêtues, des dames sans chaussures et tête nue marcher éperdues à travers la campagne, dont une pluie fine et persistante détrempait le sol et rendait la marche plus difficile et plus lente ».

La ville de Vesoul est occupée par les Allemands. Des combats ont lieu aux avant-postes de Moulins-lès-Metz ainsi qu’en région parisienne devant Maisons-Alfort et Bondy.

Arrivé à Binas, l’adjudant Dubois, moblot du Loir-et-Cher est désigné comme éclaireur. Il rapporte que les Allemands ont quitté Charsonville (Loiret) et que seuls quelques uhlans réquisitionnent aux alentours de d’Ouzouer-le-Marché (Loir-et-Cher). La 8ème compagnie du 75ème Mobile (les Vendômois) reçoit l’ordre de quitter Binas pour rejoindre un cantonnement à Vievy-le-Rayé (Loir-et-Cher). Depuis leur ville, les Vendômois voient à l’horizon les lueurs d’incendie de Châteaudun. Craignant de subir le même événement, ils mettent à l’abri leurs  biens les plus précieux, même le fourrage.

Mercredi 19 octobre

La délégation de Tours décrète la formation de onze nouveaux régiments d’infanterie de marche., de trois régiments de zouaves et de huit bataillons de chasseurs à pied.

Les Prussiens incendiaires quittent Châteaudun en direction de Chartres. Au matin, sur la route de Logron à Brou, un grand nombre d’habitants errent à la recherche d’un accueil. La solidarité ne fut pas un vain mot, car beaucoup trouvèrent refuge à la Bazoche-Gouet , à Arrou, à Nogent-le-Rotrou et à Mondoubleau.

Une escarmouche se produit à Etrepagny (Eure) entres des Prussiens et les Eclaireurs de Louviers ; le capitaine Garnier est blessé. Les maires de l’arrondissement de Vendôme réclament que les armes qui ont été distribuées aux gardes nationales sédentaires leur soient remises pour les cacher ; à l‘inverse le sous-préfet de Vendôme organise une distribution d’armes.

Depuis Viévy-le-Rayé, les moblots de Vendôme poursuivent leur marche sur Ecoman où ils aperçoivent un escadron de lanciers prussiens qui s’enfuit. Premier contact visuel avec l’ennemi.  A Vendôme, on apprend le désastre de Châteaudun. Le maire, Mr. Moisson, en profite pour aller à Blois consulter les autorités militaires pour savoir si la ville de Vendôme doit ou non se défendre. Les pensionnaires du lycée sont renvoyés dans leurs foyers. Les habitants constatent la totale désorganisation des troupes. Les ordres succèdent aux contre-ordres comme les marches aux contre-marches.

Jeudi 20 octobre

Les Prussiens entreprennent le siège de Sélestat (Bas-Rhin). Au siège de Paris, les Allemands attaquent un poste de moblots à Cachan et sont repoussés. Cet assaut suscite une forte canonnade des forts parisiens de Châtillon et Bourg-la-Reine sur les positions allemandes. Dans la nuit à Verdun, une centaine de fantassins tentent une sortie et échouent. Dans l’intention de marcher sur Chartres, la XX° Division d’infanterie prussienne installe son quartier général à Vitray-en-Beauce et la IV° Division de cavalerie prussienne bivouaque à La Bourdinière-Saint-Loup.

Un décret de la délégation de Tours décide que la ville de Châteaudun « a bien mérité de la patrie » et qu’un crédit de cent mille francs lui est attribué pour sa reconstruction. Le Times,  journal anglais, déclare cette bataille comme le plus beau fait d’armes de la campagne. Sur les recommandations écrites du maréchal Mac Mahon, prisonnier en Allemagne, le jeune (47 ans) général de brigade Alfred Chanzy, de retour d’Algérie est nommé général de Division et affecté au 16ème Corps d’Armée. Près de dix mille soldats, représentant toutes les armes, stationnent à Vendôme.

Vendredi 21 octobre

La ville de Saint-Quentin (Aisne) tombe aux mains des Allemands. En région parisienne, un combat se déroule à la Malmaison où la 6ème compagnie de zouaves du commandant Jacquot pénètre dans le parc cet refoule les Prussiens. Le château de Buzenval est repris par les troupes parisiennes qui se heurtent à une violente contre-attaque ennemie qui incite le général Ducrot d’ordonner la retraite. Cinq cent quarante et un Français sont hors de combats pour quatre cent onze Prussiens.

Les autorités civiles de Chartres  font évacuer sa garde nationale sédentaire hors de la ville sous prétexte qu’elle est mal équipée, mais en fait pour la rendre ouverte et éviter son pillage.  A 15 heures, les troupes du général von Wittich pénètrent dans Chartres. Des Prussiens attaquent le village de Jouy (Eure-et-Loir), la garde nationale se défend, mais cède ; sept hommes sont fusillés. Tandis que le I° Corps bavarois occupe Orléans, la II° Division de cavalerie prussienne lance des reconnaissances et des réquisitions au sud d’Orléans et en Sologne jusque vers Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher).

Mr. de Kératy présente à Gambetta son projet d’armée de secours. Il consiste à établir un camp à Conlie (Sarthe) et d’y rassembler tous les mobilisés et les volontaires de l’Ouest pour y former une armée de Bretagne.  Thiers arrive à Tours en provenance de Florence (Italie) où ses discussions avec le roi Victor Emmanuel II  sur une recherche d’alliance n’ont pas abouties. Il s’entretient avec Gambetta et reçoit de la part de la délégation, malgré l’opposition de ce dernier, mandat d’aller à Paris pour prendre les instructions du gouvernement à Paris. Des troupes sont envoyées sur Blois pour protéger Tours à la demande de la délégation. Aurelle de Paradines ordonne à la 1ère Brigade d’infanterie  de la 3ème Division de s’y rendre et la 2ème  Division basée à Pierrefitte-sur-Sauldre de venir sur Salbris. Le 16ème Corps d’Armée finit sa formation à Vendôme et dans les villages environnants à Naveil, Villiers-sur-Loir et Thoré-la-Rochette sous les ordres du général Pourcet avec comme adjoints les généraux Barry et Chanzy. Il est positionné entre Vendôme et Blois. A sa gauche sur le Loir se trouvent les francs-tireurs de Lipowski et à sa droite sur la Loire les volontaires de Vendée du commandant Cathelineau qui occupent la région de Chambord. Le général Fiereck est chargé de défendre le Perche et le secteur du Mans.

La municipalité de Vendôme informe les habitants que tout civil pris  par l’ennemi les armes à la main sera considéré comme un terroriste et donc fusillé par les Allemands.

Samedi 22 octobre

A Cussey-sur-l’Ognon (Doubs), la XIV° Corps prussien du général von Werder met en déroute les moblots de Hautes-Alpes et des Vosges qui gardaient les ponts sur l’Ognon et déverrouille la route de Dijon. En forêt de Pacy-sur-Eure, trois mille Prussiens envisagent d’attaquer le camp des mobiles de l’Eure. L’arrivée du régiment des Eclaireurs du colonel Mocquard, renforcé par trois compagnies des moblots de l’Ardèche et une compagnie des Eclaireurs de Caen, les surprend les obligeant à s’enfuir vers Lommoye (Yvelines).

Le général Bourbaki est nommé commandant de la région militaire du Nord, pour y constituer l’Armée du Nord. A l’aide du colonel Fare et du préfet Achille Testelin, il forme des régiments de Marche à  partir des différents dépôts de régiment, organise la garde nationale en bataillons, met sur pied quelques batteries et ajoute le 7ème régiment de Dragons de Lille. Mr. de Kératy est nommé général de l’Armée de Bretagne et Gambetta signe le décret qui décide la création de cette nouvelle force.

Les mobiles de la Haute-Loire parviennent à Vendôme. Une fausse nouvelle circule en ville : Bazaine, à l’aide de quatre vingt mille hommes, aurait anéanti vingt-six bataillons prussiens.  La première Armée de la Loire prend forme avec le 15ème Corps au sud de la Loire et le 16ème au nord. Les soldats arrivent sur leurs positions dans un grand état de fatigue et à la merci d’ordres et de contre-ordres.

Dimanche 23 octobre

Des négociations sur l’unité allemande s’ouvrent à Versailles. Les Grands Ducs de Bade et de Hesse y participent tandis que les rois de Bavière et du Wurtemberg se contente d’envoyer une délégation.

La ville de Dreux est prise par les Prussiens. Depuis Laval (Mayenne), de Kératy lance un appel à la mobilisation des départements de l’ouest.

Les francs-tireurs de la Gironde débarquent à Vendôme dans leurs beaux uniformes. Ils sont accompagnés du 31ème de ligne, d’un bataillon de Chasseurs à pied, et du 7ème de Marche qui viennent de Tours. Une pluie abondante tombe sur la ville. Rendant pénible la vie des soldats sous la tente. Un des leurs se dit : « crotté jusqu’à l’échine et trempé jusque dans la moelle des os ». Des artilleurs installent des positions retranchées à Bel Air ce qui attire la curiosité des promeneurs. Le nombre de soldats dans le secteur est évalué à cinquante mille.

Lundi 24 octobre

Bombardée sans répit depuis deux jours la ville de Sélestat capitule, perd cent vingt canons et quatre cents hommes sont faits prisonniers. Une méprise se produit aux alentours de Dreux. Des mobiles de la Manche et un groupe de francs-tireurs se prennent les uns et les autres pour des Prussiens ; un  combat s’engage et on dénombre seize tués et soixante blessés. Paris ne pouvant plus nourrir les animaux du Jardin des Plantes, des yacks, des buffles, des rennes et des antilopes sont abattus, convertis « en viande de fantaisie » et vendus à la population.

Un conseil de guerre se tient à Salbris pour définir un projet de reconquête d’Orléans. Il est prévu une attaque de la 1ère Division d’Infanterie du 15ème Corps par l’est de la ville, simultanément avec une des 2ème et 3ème Divisions d’Infanterie du 15ème Corps par le sud avec l’appui du 16ème Corps par l’ouest et le nord-ouest de la ville.

Les mobiles d’Indre-et-Loire stationnés à Mer regagnent Château-Renault via Herbault. L’ensemble de ses bataillons se rassemble à Tours et est intégré dans la colonne mobile du général Camo positionnée sur une ligne Château-Renault, Saint-Laurent-en-Gâtines et Beaumont-la-Ronce. On observe une aurore boréale, s’agit-il d’un mauvais présage pour la suite des événements ?

Mardi 25 octobre

Le colonel Boyer revient d’Angleterre sans espoir de solution, l’Impératrice Eugénie ne pouvant plus intervenir. Bazaine décide d’envoyer le général Changarnier négocier auprès du Prince Frédéric Charles. Ce dernier, s’en tenant à l’exigence du roi Guillaume 1er , réitère les conditions de reddition.

En Haute Saône, à Gray, Seveux et Velesmes, des francs-tireurs assistés par la population harcèlent des colonnes prussiennes et badoises. A Nogent-sur-Seine (Aube), le 2ème bataillon du 3ème Régiment wurtembourgeois affronte les 3ème et 4ème  bataillon des Mobiles du Morbihan, aidé de francs-tireurs de la Loire. Après quatre heures de combat, les Français se replient sur Troyes (Aube) laissant trente-cinq morts et une cinquantaine de blessés. En représailles, les Wurtembourgeois pillent et brûlent plusieurs maisons et fusillent huit civils.

Gambetta reçoit Aurelle de Paladines et Borel, son chef d’état-major pour décider de l’offensive sur Orléans. Elle est prévue pour le 31 octobre. Les 2ème et 3ème divisions d’Infanterie du 15ème Corps sont déplacées de Vierzon  à Blois par chemin de fer. La délégation gouvernementale de Tours décide que les deux Corps d’Armée qui viennent de se former doivent d’abord se porter sur Orléans, puis sur Paris. Ayant appris la préparation des Français, le général von der Thann réclame des renforts à l’état-major prussien à Versailles.

A Binas (Loir-et-Cher) trente-huit francs-tireurs de Saint-Denis font face à une reconnaissance de deux cents cavaliers et de deux cents fantassins. Du côté français, on dénombre quatorze tués et vingt trois blessés et pour les Allemands cent trente sept tués et un grand nombre de blessés.

L’accumulation des troupes forme une ligne depuis Saint-Calais (Sarthe) et Mondoubleau (Loir-et-Cher) jusqu’à Oucques et Marchenoir dont Vendôme est le centre. Les Vendômois saluent l’arrivée des francs-tireurs des Hautes-Pyrénées. La vallée du Loir est couverte de tentes visibles sous les feux des bivouacs. On apprend par le journal La France que des bruits d’armistice et de paix se répandent sur le territoire national.

Mercredi 26 octobre

Au siège de Metz, le général de Cissey est chargé d’une dernière intervention auprès du Prince Frédéric Charles pour obtenir une suspension d’armes. Il est renvoyé dans son camp avec le modèle de « protocole de capitulation de Sedan » auquel Bazaine doit se conformer. Le général Cambriels qui commande l’Armée de l’Est chargée de libérer Belfort est relevé de ses fonctions à sa demande. Il est remplacé par le général Michel. L’Armée de von Werder occupe Gray (Saône-et-Loire). Cent cinquante hussards prussiens du camp de Patay (Loiret) entrent à Châteaudun pour connaître la position des avant-postes français. Ils se font nourrir, puis repartent.

A Vendôme, les trois mille cinq cent mobiles de la Haute-Loire reçoivent l’ordre de partir pour Besançon (Doubs), deux bataillon aujourd’hui, le troisième demain. Un régiment de cavalerie en provenance de Tours doit les remplacer. Le bruit court qu’un bataillon du Loir-et-Cher aurait eu des pertes importantes lors d’un accrochage à Marchenoir. En réalité il s’agit de l’affaire des francs-tireurs de Saint-Denis. Le minage des ponts se poursuit. De nouveaux régiments proviennent du Mans et de Saint-Calais. Dans les différents camps de la ville, des cas de fièvres typhoïdes et de petite vérole se déclarent. Des ambulances sont improvisées chez des particuliers. On dénombre environ soixante mille soldats dans le secteur.

Jeudi 27 octobre

La capitulation de la place de Metz et de l’armée sous ses murs est signée. Trois maréchaux, cinquante généraux, six mille officiers, cent soixante treize mille soldats sont prisonniers. Les Prussiens récupèrent mille six cent canons et trois cent mille fusils. Un combat est livré à Mantoche (Haute-Saône) par un groupe de francs-tireurs conduit par le capitaine Blondel et assisté par des mobiles de la Côte d’Or face à des Prussiens qui cherchent à rejoindre Dijon. Le matin, des moblots de de l’Isère et de la Côte d’Or sont pris à partie à Talmay par des Allemands qui commencent à subir des pertes sensibles. Après quelques heures, ces derniers reçoivent des renforts et les Mobiles sont enfoncés et faits prisonniers. Un détachement de la Légion de Gendarmerie, commandé par le colonel Deflandre et épaulé par des Mobiles de la Côte d’Or sont attaqués à Saint-Seine-sur-Vingeanne (Côte d’Or) par des Allemands qui les obligent à se replier sur Dijon.

Une escarmouche se produit à Anet (Eure-et-Loir) entre des francs-tireurs et des éléments de la VI° Division de cavalerie prussienne du général major von Schmidt. Aurelle de Paladines quitte Salbris pour Blois. Mr. de Freycinet, délégué à la guerre,  définit un projet de camp retranché à Orléans qui servirait de base de départ pour aller libérer Paris. A Mer le 3ème bataillon des Mobiles du Maine-et-Loire reçoit des équipements supplémentaires avec des fusils Remington.

A Vendôme, un régiment de hussards part pour Blois. Le départ du troisième bataillon des Mobiles de la Haute-Loire est reporté par manque de wagons et il est envoyé cantonner à Epuisay (Loir-et-Cher). Les routes du Vendômois sont encombrées par le mouvement des troupes et des fourgons. L’ordre est donné de dégager l’abord de la ville. Les cultivateurs conduisant les voitures réquisitionnées sont dans l’obligation de suivre l’armée. Vingt cinq mille à trente mille soldats sont passés à Vendôme entre hier soir et aujourd’hui venant de Salbris via Vierzon et Tours. D’autres trains son annoncés pour la nuit transportant une grande quantité d’unités et de matériel. On annonce le mouvement de nombreuses troupes depuis Blois sur Marchenoir et Oucques et de Tours sur Orléans via Beaugency.

Vendredi 28 octobre

Au siège de Paris, à l’initiative du général Bellemare, trois cent francs-tireurs de la Presse investissent le Bourget. Les Prussiens peu nombreux se replient sur Pont-Yblon, quartier de Dugny (Seine-Saint-Denis). A Formerie (Oise), le 5ème bataillon de Marche assisté par des moblots de l’Oise et du Pas-de-Calais éloignent de la ville mille cinq cent Prussiens. Le colonel Fauconnet renonce à défendre Dijon.

Le général Tripart apprend, par une lettre de remerciement de von der Thann pour avoir rendu le corps d’un officier allemand, que Bazaine s’est rendu à l’ennemi.  Il communique la nouvelle à Aurelle de Paladines alors que la délégation de Tours l’ignore. Les deux divisions du 15ème Corps arrivent à Blois. Aurelle de Paladines retarde l’offensive sur Orléans estimant que ses troupes ne sont pas suffisamment préparées, ce qui occasionne une forte concentration du 16ème Corps derrière la forêt de Marchenoir. Freycinet confirme le report. Thiers quitte Tours à destination d’Orléans, accompagné par Messieurs de Rémusat et Cochery.

A Vendôme, le camp est levé. Une partie s’en va sur Fréteval (Loir-et-Cher), l’autre sur Marchenoir. Six mille mobiles sont dirigés sur Mondoubleau. Les malades et les blessés sont transportés sur Tours par voie ferrée.

Samedi 29 octobre

Thiers quitte Orléans avec un sauf conduit russe pour Paris. Les habitants de Dijon engagent le combat face à deux brigades badoises ; après un affrontement acharné, ils capitulent le soir. L’Armée de la Loire est en ligne depuis les rives de la Loire jusqu’à Fréteval. Cent vingt hussards bleus prussiens pénètrent dans Châteaudun et repartent dans l’après-midi après avoir patrouillé aux alentours.

Le 3ème bataillon des mobiles de Haute-Loire est de retour à Vendôme en provenance d’Epuisay. Des fourgons chargés de vivres et de munitions se dirigent vers Oucques. Des réquisitions de voitures avec conducteurs sont encore imposées auprès des habitants. Mr. Sampayo, capitaine de la 7ème compagnie du 75ème Mobile, est nommé chef de bataillon de l’arrondissement de Vendôme en remplacement du comte de Montlaur.  Le sous-préfet, accompagné de Messieurs Riverain et de Rochambeau vont à Oucques pour connaître l’organisation de l’armée.

Dimanche 30 octobre

La capitulation de Bazaine à Metz n’est connue officiellement qu’aujourd’hui. Gambetta proclame : « Metz a capitulé. Un général sur qui la France comptait, même après le Mexique, vient d’enlever à la patrie en danger plus de cent mille de ses défenseurs. Le maréchal Bazaine a trahi. Il s’est fait l’agent de l’homme de Sedan, le complice de l’envahisseur, et, au milieu de l’armée dont il avait la garde il a livré, sans même essayer un suprême effort, cent vingt mille combattants, vingt mille blessés, ses fusils, ses canons, ses drapeaux et la plus forte citadelle de la France. Metz, vierge jusqu’ici, des souillures de l’étranger ».

Une compagnie de francs-tireurs occupe le village de Gueberschwihr (Haut-Rhin) ; les troupes du général von Treskow tentent de la déloger en vain, car les occupants vont se réfugier sur les hauteurs de Pfaffenheim le village voisin. L’Armée de von Werder envahit Dijon où on compte cent soixante neuf tués, côté français. Le général Aurelle de Paladines quitte Blois pour Mer.

Le général Ducrot n’ayant pas voulu envoyer de renforts au Bourget, parce que l’opération n’avait pas été prévue par son état-major, la ville est reprise par les Prussiens ainsi que sa voisine Drancy ; les pertes sont lourdes, près de mille deux cent hommes dont trente officiers. Quelques prémices de troubles sont signalés dans les faubourgs de l’est de Paris.

Thiers obtient l’accord de Favre, ministre des Affaires Etrangères, pour rencontrer Bismarck à Versailles afin de discuter des modalités d’un armistice et d’organiser des élections. La France n’ayant plus d’Assemblée nationale depuis le quatre septembre, cet armistice devrait prévoir qu’en trois semaines une Assemblée serait élue. L’Impératrice Eugénie rend visite à son époux prisonnier. Elle souhaite négocier un armistice avec Bismarck. Napoléon III l’en dissuade.

Les Vendômois apprennent avec consternation la nouvelle de la capitulation de Bazaine. Un stock considérable de poudre est en dépôt au musée sous la bibliothèque. Le maire, Mr. Moisson, demande qu’il soit transféré dans les caves en-dessous du château. Les gardes nationales sédentaires des villages  environnants sont passées en revue dans la ville.

Lundi 31 octobre

Thiers se rend à Versailles. La proclamation de Gambetta stigmatisant la trahison de Bazaine est mal ressentie par l’ensemble des officiers supérieurs de l’armée française. En tant que ministre de la Guerre, il s’adresse aux troupes : « Soldats ! Vous avez été trahis, mais non déshonorés … vous savez aujourd’hui à quels désastres l’ineptie et la trahison peuvent conduire les plus vaillantes armées ». Il destitue le préfet Duportal à Toulouse, qui a pris parti pour la ligue du Sud-ouest. Ce dernier se maintient dans ses fonctions.

La nouvelle de la capitulation de Bazaine et la reprise catastrophique du Bourget donne naissance à une insurrection populaire à Paris. L’Hôtel de Ville est envahi aux cris : « Pas d’armistice ! Les élections ! La Commune ! » Le général Trochu ainsi que d’autres ministres sont pris en otages. Trochu arrive à s’échapper et proclame : « Le gouverneur de Paris ne capitulera pas ».

Que ce soit à Vendôme ou Châteaudun ou dans d’autres villes, la population a du mal à croire qu’autant de soldats se soient rendus à Metz . Le découragement des habitants est à son comble. Et la grave question de la paix ou de la guerre est posée. La Banque de France est transférée de Tours à Bordeaux.

Une compagnie des francs-tireurs de Tours, commandée par le capitaine Hiledebrand vient renforcer la 3ème Brigade des Lignes du Perche. De nouveau les Prussiens arrivent à Châteaudun pour afficher une dépêche annonçant la capitulation de Metz ainsi qu’un appel aux Français du baron von der Thann.

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