Chronologie de la Guerre de 1870 Mois d’Août

Cette chronologie reprend les principaux faits nationaux intégrés aux événements du Centre Val de Loire et plus particulièrement du Vendômois…

Mois dAoût 1870

 

Mardi 2 août

Le commandement de l’armée impériale décide de lancer une reconnaissance offensive sur le territoire prussien. L’Empereur et son fils accompagnent le 23ème Régiment d’Infanterie qui pénètre en Sarre et qui, après une heure de fusillade, occupe Sarrebrück pendant la journée. Au retour le général Frossard oublie de donner l’ordre de faire sauter les ponts. La presse parisienne transforme cette offensive en une victoire éclatante que le commandement ne songe pas à exploiter.

Mercredi 3 août

A la tête de soixante mille soldats, le prince de Prusse Frédéric Guillaume pénètre en Alsace et vient s’installer à Wissembourg (Bas-Rhin).

Jeudi 4 août

L’Armée française subit sa première défaite à Wissembourg. Après plusieurs heures de résistance la division du général Douay est obligée de battre en retraite devant des forces supérieures en nombre (huit mille français contre deux corps d’armée confédérés). Le général est mortellement blessé par un obus.

Vendredi 5 août

La France rappelle son corps expéditionnaire qui occupe Rome et protège le Pape Pie IX. L’armée italienne  prend possession de la ville éternelle sans combattre.

Samedi 6 août

Les armées des belligérants se trouvent face à face à Woerth-Froeschwiller. Une escarmouche déclenche la bataille. L’artillerie prussienne, forte de cent huit pièces face à quarante-huit canons français, oblige l’artillerie française à décrocher. L’infanterie perd du terrain malgré la résistance des tirailleurs algériens. Pour protéger sa retraite, le maréchal Mac Mahon décide de sacrifier sa cavalerie et la fait charger à Reichshoffen ; les cuirassiers sont anéantis et parmi eux le quatrième escadron du 5ème Régiment de Cuirassiers cantonné à Montoire au mois de juillet. On estime les pertes françaises à dix mille tués et à six à neuf mille prisonniers. Le maréchal ordonne de quitter l’Alsace.Une nouvelle défaite se produit le même jour à Forbach-Spicheren.

L’armée prussienne du général Karl-Fiedrich von Steinmetz forte de trente-six mille hommes attaque l’armée de Lorraine comprenant vingt-six mille soldats. Cette dernière est commandée par le général Frossard. Ses troupes perdent pied et sont menacées d’encerclement. Il demande des renforts au maréchal Bazaine que ce dernier n’envoie pas et il décide de battre en retraite vers Sarreguemines (Moselle). Les pertes françaises sont importantes quatre mille tués ou blessés et deux mille prisonniers. Ces deux victoires ouvrent aux confédérés allemands la route vers Paris.
Dans toutes les villes et villages de France ont lieu les élections municipales sur deux jours

Dimanche 7 août

Un décret impérial appelle tous les hommes de trente à quarante ans à faire partie de la garde nationale sédentaire. Le département de la Seine, et donc Paris, est déclaré en état de siège.
Des combats d’arrière-garde ont lieu qui n’empêchent pas les Prussiens d’occuper Haguenau, Sarreguemines et Forbach.

Lundi 8 août

Quelques villes d’Alsace sont assiégées telles que Bitche qui résistera jusqu’en mars 1871, Belfort jusqu’en février 1871  et Phalsbourg qui se rendra le 14 décembre 1870.

Mardi 9 août

Lâché  par la régente Eugénie, le gouvernement d’Emile Ollivier, jugé responsable des revers militaires, est renversé par le Corps législatif. Le général Uhrich qui défend Strasbourg refuse de se rendre. Dix à trente mille parisiens se rassemblent devant le Palais Bourbon pour réclamer la déchéance de l’Empereur. L’importante garnison de la capitale les disperse. Des incidents éclatent aussi à Marseille, Toulon, Macon, Limoges, Montpellier et au Creusot. L’institution d’une loi martiale rétablit l’ordre.

Mercredi 10 août

L’Impératrice nomme le général Cousin-Montauban, comte de Palikao, à la tête du nouveau gouvernement. Elle outrepasse ses pouvoirs, car selon la Constitution, seul l’Empereur a ce pouvoir. La forteresse de Verdun se met en état de siège.
Le Corps législatif vote une loi mobilisant les gardes nationaux sédentaires et mobiles : « Tous les célibataires ou veufs sans enfants âgés de vingt-cinq à trente-cinq ans sont incorporés dans l’armée active. Quant aux anciens militaires libérés tombant sous le coup de cette loi, c’est à dire non mariés et âgés de moins de trente-cinq ans, ils sont tenus de retourner au plus vite dans les bataillons dont ils font partie. »

Jeudi 11 août

La flotte, sous les ordres de l’amiral Martin Fourichon, arrive devant Helgoland en mer du Nord et bloque la flotte prussienne dans les ports de Brême et de Hambourg. La Confédération de l’Allemagne du Nord, dont la Prusse, et l’Angleterre déclarent la neutralité de la Belgique. La ligne de chemin de fer Paris-Metz est coupée à Frouard (Meurthe-et-Moselle).

Vendredi 12 août

La garde nationale est rétablie dans tous les départements (Loi du 12/08/1870). Cette garde est principalement partagée en deux parties, l’une sédentaire assurant la défense des localités et le maintien de l’ordre à l’arrière des lieux de batailles, l’autre mobile intégrée à l’armée d’active après avoir reçu une instruction militaire. Elle est composée des hommes qui ne sont ni militaires d’active, ni gardes mobiles.Napoléon III, dont l’état de santé s’aggrave, abandonne le commandement de ce qui reste de l’Armée du Rhin au maréchal Bazaine tandis que Mac Mahon se dirige vers Châlons-sur-Marne avec le reste de trois Corps d’Armée pour reconstituer ses forces. L’Impératrice Eugénie conseille l’Empereur de ne pas revenir à Paris. La ville de Nancy est occupée par les Prussiens sans résistance.

Samedi 13 août

Ce jour a lieu le deuxième tour des élections municipales. Bazaine est nommé commandant en chef de toutes les armées impériales. La ville de Pont-à-Mousson est prise par les Allemands. Au cours d’un comité secret de l’Assemblée nationale, Gambetta formule avec véhémence : « Oui, les caractères se sont ramollis, oui le vieux feu gaulois s’est refroidi, nous ne sommes pas certainement les fils de nos glorieux ancêtres. »

Dimanche 14 août

Napoléon III quitte Metz et cherche à gagner Verdun et s’arrête finalement à Longeville-lès-Metz. Bazaine envisage de se replier sur Verdun à mi-chemin entre Metz et Chalons. Mais son arrière-garde se fait accrocher à Borny par l’avant-garde du général Steinmetz. Le combat s’engage en milieu d’après-midi et se poursuit tard le soir. Après de lourdes pertes, deux cent officiers et trois mille cinq cent hommes du côté français et deux cent vingt officiers et quatre mille cinq cent hommes pour les Allemands, ces derniers décrochent faisant croire à Bazaine qu’il a remporté une victoire. En fait ce combat n’a servi qu’à ralentir la retraite de l’Armée de Lorraine permettant à l’armée du prince Frédéric Charles de se rapprocher.
A Paris, Auguste Blanqui et une centaine de ses partisans tentent de  s’emparer d’un dépôt d’armes dans la caserne des pompiers du boulevard de la Villette. Ils échouent dans leur tentative de  proclamer la République, de rallier les Parisiens et de destituer l’Impératrice Eugénie.
A Montoire, le résultat des élections municipales donne Mr. Debourges comme remplaçant du maire René Chauvin.

Lundi 15 août

Des uhlans prussiens sont signalés à Commercy. La ville de Strasbourg est totalement encerclée par soixante mille hommes et une importante artillerie de siège. Les villes de Thionville et Toul sont attaquées pour la première par les Prussiens et pour la dernière par les Bavarois. Les défenseurs repoussent les assaillants.
Les hommes de vingt à vingt-six ans du département du Loir-et-Cher sont avisés de se rendre selon leur arrondissement soit à Blois, Romorantin ou Vendôme pour constituer la garde mobile du département composée de deux bataillons comprenant chacun huit compagnies de deux cent hommes.

Mardi 16 août

Dans la matinée, le corps d’armée commandé par le maréchal François Certain de Canrobert, au bivouac à Rezonville est surpris par les Prussiens. Il redresse sa situation grâce au soutien du corps d’armée du maréchal Edmond Le Bœuf. Dans l’après-midi, les troupes allemandes sont à bout et lancent dans la bataille leur cavalerie qui subit de lourdes pertes. Les Français gardent l’avantage obligeant l’ennemi à battre en retraite. Prétextant un manque de munitions et de vivres, Bazaine ordonne le repli sur Metz au lieu de poursuivre sur Verdun et Chalons-sur-Marne, alors que Napoléon III rejoint cette dernière ville afin d’en préparer la défense.

Mercredi 17 août

Un combat naval a lieu à Hiddensee sans dommage réel pour les deux belligérants. La flotte française assure uniquement un blocus des côtes allemandes. Le général Louis-Jules Trochu est nommé gouverneur de Paris par Napoléon III.Les jeunes conscrits des cantons de Droué et Morée, de Mondoubleau et Savigny,  de Vendôme et Selommes, de Montoire et de Saint-Amand sont réunis au quartier de Vendôme pour former le deuxième bataillon de la mobile du Loir-et-Cher sous les ordres du commandant Sampayo. Les jeunes du canton de Montoire sont incorporés dans la 7ème compagnie.

Jeudi 18 août

Le général Steinmetz ordonne une attaque sur les positions françaises et une sanglante bataille s’engage à Gravelotte et Saint-Privat. Les troupes du maréchal Canrobert cèdent du terrain. Bazaine ne lui envoie pas de renfort et l’artillerie prussienne écrase ses lignes. Vingt mille Allemands et douze mille Français sont tués. Von Moltke démet de son commandement le général Steinmetz pour avoir pris l’initiative de lancer une attaque coûteuse en hommes. Il pense avoir perdu et Bazaine perd l’occasion d’une victoire en se repliant vers Metz.
Le ministère de l’Intérieur demande aux Préfets d’installer d’urgence les conseils municipaux nouvellement élus. En effet ils doivent nommer un conseil de recrutement pour recenser et contrôler la mise en place des gardes nationaux. A Tours, la mobile d’Indre-et-Loire est créée avec la nomination des officiers.

Vendredi 19 août

Bazaine est bloqué à Metz avec l’armée de Lorraine. Le siège de Strasbourg se poursuit. Le général Uhrich, défenseur de la ville, dirige ses batteries sur la ville de Kehl qui est incendiée.

Samedi 20 août

L’armée de Bazaine est totalement encerclée. La troisième armée de Frédéric Guillaume entame sa marche vers Paris. Les troupes de la deuxième armée de Frédéric Charles contrôlent la route de Briey-Longwy, coupent le télégraphe et la ligne de chemin de fer Metz-Thionville et font la jonction avec les troupes de la rive droite de la Moselle.

Dimanche 21 août

Le maréchal Mac Mahon est nommé par le gouvernement « général en chef de toutes les forces militaires composant l’armée de Chalons et de toutes celles qui sont ou seront réunies sous les murs de Metz ou dans la capitale ». Il donne l’ordre d’incendier le camp de Chalons pour qu’il ne tombe pas entre les mains des Prussiens et se dirige vers Reims où il complète ses effectifs afin de défendre Paris. Mais l’Impératrice Eugénie et le général Cousin-Montauban lui ordonne de se porter au secours de Bazaine.

Mardi 23 août

Le roi de Prusse, Guillaume 1er installe son quartier général à Commercy avec von Moltke et son état-major. Les Prussiens commencent à bombarder la citadelle de Strasbourg qui reçoit près de mille deux cent obus en vingt-quatre heures. Un décret stipule que chaque garde nationale sédentaire est constitué en un régiment provisoire d’infanterie.

Mercredi 24 août

L’armée prussienne, qui vient d’occuper Chalons, tente de prendre la forteresse de Verdun ; la garnison,  composée de mille cinq cent soldats d’active, de deux mille mobiles et de mille quatre cent gardes nationaux sédentaires, sous les ordres du général Guérin de Waldersbach, repousse les assaillants et refuse de se rendre.

Jeudi 25 août

Vitry-le-François capitule et subit des réquisitions et des arrestations de civils. Un groupe de mobiles prisonniers du département de la Marne, suite à une méprise des Prussiens, sont massacrés : quarante-neuf morts et une centaine de blessés.

Vendredi 26 août

A Strasbourg, l’évêque demande aux assiégeants d’arrêter leurs bombardements. Un court délai est accordé. Mais la canonnade reprendra et ne cessera plus. La ville d’Epernay est prise par des uhlans prussiens après une courte lutte. Une tentative d’assassinat de Mac Mahon aurait échoué.
Le conseil municipal de Vendôme est installé et désigne les membres du conseil de recensement. Des binômes, dont fait partie Gervais Launay, sont constitués pour recenser dans différents quartiers les hommes devant composer la garde nationale sédentaire.

Samedi 27 août

Le prince Frédéric Guillaume suspend la marche de son armée vers Paris et oblique vers le nord où se trouve l’armée de Mac Mahon. Ce dernier, apprenant l’approche des Prussiens, abandonne l’ordre de secourir Bazaine. En effet la cavalerie du général de Failly vient de se faire bousculer à Buzancy (Ardennes) par la 24ème brigade de cavalerie saxonne.  Le jeune prince Louis Napoléon quitte son père à Tourteron près de Rethel (Ardennes) pour rejoindre Paris.

Dimanche 28 août

Une escarmouche avec des francs-tireurs, considérés comme des terroristes et non comme des soldats d’active, a lieu à Falaise dans les Ardennes. Les Prussiens incendient le village.
Tous les mobiles d’Indre-et-Loire sont convoqués.

Lundi 29 août

Une échauffourée avec des traînards français incite les Allemands à tuer des villageois, à en arrêter une trentaine et à incendier le village de Voncq (Ardennes) dont les maisons non brûlées sont pillées. Sur le point d’être encerclée, l’armée de Mac Mahon est poussée vers la cuvette de Sedan.
Publication de la loi sur les gardes mobiles : « Les bataillons de la garde nationale mobile peuvent être appelés à faire partie de l’armée d’active pendant la guerre actuelle ».

Mardi 30 août

Le 5ème Corps d’armée du général de Failly se fait surprendre au bivouac à Beaumont-en-Argonne (Ardennes) par le corps d’armée du prince Albert de Saxe. Il est mis en déroute et il est repoussé jusqu’à Mouzon (Ardennes). Une unité bavaroise attaque la division du général Conseil-Dumesnil qui se débande et se replie sur Raucourt-et-Flaba (Ardennes).

Mercredi 31 août

Bazaine essaye de passer à travers les lignes prussiennes à Noisseville (Moselle). Tout d’abord il semble qu’il puisse réussir, mais le combat se prolonge dans la nuit.
Les mobiles d’Indre-et-Loire reçoivent leur équipement et leur habillement : fusil modèle 1858, souliers en carton, vareuses et pantalons dont le tissu cède au moindre effort.
Les mobiles de Vendôme partent pour Blois. Le journal Le Loir du 4 septembre relate l’événement : « La garde nationale mobile de l’arrondissement de Vendôme, composée de quatre compagnies fortes chacune de deux cent hommes environ, quittant notre ville mercredi matin à 5 h, pour se rendre à Blois. La musique municipale, et un grand nombre de parents et d’amis, ont accompagné nos jeunes concitoyens jusqu’au-delà du Temple ».
A Blois, chaque moblot reçut « une blouse grise à collet rouge, un ceinturon, un fusil à baguette et un képi blanc. »

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